Samedi 4 avril 2009 6 04 /04 /Avr /2009 09:53

 

 

IMAGES POUR PRIER DANS LE SILENCE

 

Voici une prière pour enfant, provenant de la revue Pomme d'Api Soleil :

(intro)

C’est parfois difficile d’être là,

Sans rien dire, sans rien faire, en silence.

On a toujours envie de bouger.

 ...

Voici quatre images

Pour aimer le silence,

Pour faire du silence une prière.

 

Après une journée bien agitée,

Retrouver le silence,

C’est être comme un lac après un grand vent :

Il devient très calme et transparent.                                           

Alors on peut dire :

« Seigneur, me voici devant toi. »

 

On ouvre un peu les mains, prêt à tout recevoir,

Comme un grand champ labouré

Qui attend les graines, la pluie et le soleil.                        

Alors on peut dire :

« Seigneur, j’attends tout de toi. »

 

Puis l’on ferme les yeux pour entendre son cœur qui bat,

Comme dans une grotte au creux de soi.

Le moindre murmure résonne.                                          

Alors on peut dire :         

« Seigneur, j’écoute ta voix. »

 

Lorsqu’on est bien apaisé,

On se souvient de sa journée.

On revoit tout ce qui est bon, ce qui est beau,

Comme des étoiles brillant dans la nuit.                        

Et l’on peut dire :

« Seigneur, pour tout cela, merci. »

 

                                                

  M. de Laubier, POMME D’API Soleil No 9

Par Jean-Charles
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Vendredi 20 mars 2009 5 20 /03 /Mars /2009 22:52


J'ai dit à l'amandier : "Frère, parle-moi de Dieu".
Et l'amandier a fleuri.

Haïku



Par Jean-Charles
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Vendredi 20 mars 2009 5 20 /03 /Mars /2009 22:43

 

 

            L’abord de la prière dans ce blog est voulu dans un sens large. Ce sens large implique toutefois que l’on nettoie d’abord la prière de pesanteurs qui se manifestent souvent à nous à l’évocation de ce mot, associé qu’il est  souvent à du conditionnement, des rabâchages, de la mécanicité, du devoir, du mérite, de la bigoterie… Ainsi peut-on, une fois cela accompli, s’en référer à :

         Un besoin de la Terre actuelle, de l’humanité qu’elle porte et en particulier de celle qui est en formation, et des règnes minéraux, végétaux, animaux. Pour Edgar Morin, sociologue, confrontée aux défis actuels, l’évolution de l’humanité ne pourra pas venir uniquement « de l’extérieur » (réformes ou changements), mais aussi « de l’intérieur » ; pour lui il y a « deux courants intérieurs, l’un beaucoup plus réflexif et intellectuel, et l’autre beaucoup plus intériorisé dans le sens de la vie de l’ « âme » (pour employer ce mot entre guillemets), mais qui correspond à une réalité profonde. » La prière, qui ne demande aucune connaissance livresque, serait ici quelque chose allant dans le sens de ce dernier courant, " le sens de la vie de l'âme ", évoqué par cet auteur. 

         Un ancrage dans le corps, dans son sentir, comme base de travail. «  ... S'enfoncer dans la forêt du sentir, dans la nature, flairer, capter, et résister sans cesse, à cette avidité de la tête qui veut se saisir de ce que vous avez senti, pour en faire une construction. Sentir qu'il y a là une présence... » nous dit l’écrivain et conteur Henri Gougaud.

Et Maître Eckart (13ème siècle !…) ajoute : « Que ton Dieu ne soit pas le produit de ta pensée parce que, lorsque ta pensée disparaît, ton Dieu disparaît aussi. Que ton Dieu soit le produit de ta substance, parce qu’elle ne disparaît pas, elle se transforme. »

         Un ancrage dans les sens, fenêtres sur les possibles : « Nous avons d’innombrables sens, inouïs, des oreilles d’une lieue, un nez comme une montagne, et des yeux, des yeux à en boucher un coin au soleil. » affirmait Joseph Delteil

         Le Sentir, les sens, « le sens » … «  Nous sommes malades du manque de sens, et la première chose à faire est de décider qu'il y en a un... Et si le sens à trouver n'était pas du domaine du formulable, mais comme le parfum d'une fleur ?... Chacun de nous est capable de se tracer un sens avec sa propre histoire, s'il se charge de la réinventer. Inventez votre vie, inventez votre mythe, et nourrissez le avec le parfum des choses, de votre propre désir... » Henri Gougaud.

         Un ancrage dans le présent, en n’oubliant pas qu’ « être présent, il faut l’être volontairement, pas par hasard », comme l’affirme Luis Ansa, écrivain, dans « Le Secret de l’Aigle ».

         Une correspondance avec l’expérience personnelle de chacun et « Si votre expérience est en désaccord avec mon message, préférez votre expérience.» (Bouddha)

         Une expérience qui pour certains peut remonter à l’enfance, et qui peut être en lien avec les enfants. En sachant qu’ « Ils sont les fils et les filles de l'appel de la Vie à elle-même, ils viennent à travers vous mais non de vous. Et bien qu'ils soient avec vous, ils ne vous appartiennent pas. Vous pouvez leur donner votre amour mais non point vos pensées, car ils ont leurs propres pensées ». Khalil Gibran

            Référence aussi à la science, élément clé de notre temps.

Dans l’esprit d’Albert Einstein quand il dit : " L'esprit scientifique, écrivait-il, n'existe pas sans la religiosité cosmique, religiosité mue par l'étonnement... J'éprouve l'émotion la plus profonde devant le mystère de la vie. Ce sentiment fonde le beau et le vrai, il suscite l'art et la science ».

Dans la lignée de Max Planck, et de la physique quantique, qui parle d’un esprit intelligent et conscient, qui est la matrice de toute matière, lieu de l’origine des étoiles, de l’ADN et de tout ce qui existe. Gregg Braden, un autre scientifique, plus contemporain, l’appelle « la Divine Matrice » (Cf. son livre du même nom). Cet auteur parle de méthode de prière ne comportant aucun mot ni aucune expérience extérieure, et qui pourtant nous donne accès à cette force quantique reliant toute chose ; accès à ce « champ » « où c’est notre langage intérieur qui modifie les atomes, les électrons et les photons du monde extérieur. Cependant il s’agit moins de paroles réelles que nous murmurons que des sentiments qu’elles créent en nous. C’est le langage de l’émotion qui parle aux forces quantiques de l’univers. La Divine Matrice reconnaît le sentiment ». Mais un sentiment qui tient à distance l’égo et le jugement précise-t-il…

Ainsi appuie-t-il la démarche de ce blog dans son ouvrage « Secrets de l’art perdu de la prière » (éd.AdA, 2007) quand il dit : « Que nous apprenions le pouvoir de la prière par l’Internet d’aujourd’hui, ou sur un parchemin du siècle premier, le message demeure le même. Le plus grand défi de notre vie, c’est peut-être d’accepter notre habilité à utiliser un tel langage universel. »

         Un cadre, indispensable, non affilié à une religion particulière. Le mot prière est souvent relié directement à celui d’une religion ; le point de vue laïque serait plutôt préféré ici : ce blog est issu d’un pays, la France, où la laïcité, inscrite dans la Constitution française, permet de protéger l’individu de tout dogme, notamment à caractère religieux, et de toutes dérives sectaires.

Adopter une conception ouverte de la laïcité permet d’offrir à chacun des éléments de réflexion sur le sacré, et des éléments d’appréciation individuelle sur les croyances (ou les non-croyances). Le rôle de la laïcité a été et continue d’être en tout cas la libération des esprits de toutes les superstitions. On ne peut oublier que c’est à Jésus lui-même que l’on peut, d’un certain point de vue, faire remonter l’émergence de la laïcité quand il demande de « rendre à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu ».

L’approche laïque de ce blog se veut ainsi de permettre une ouverture à tous les êtres humains, et à toutes les traditions et religions, celles-ci étant accueillies dans un esprit respectueux de leur histoire et de leur diversité, comme les présente par exemple Frédéric Lenoir dans son « Petit traité de l’histoire des religions » (éd. Plon, 2008).

En tout cas un cadre rond, souple, qui respire qui vibre, qui vit tout simplement, comme le décrit Tacka Ushte, voyant guérisseur sioux, dans son livre « De mémoire indienne » (éd. Plon, 1977). Rond comme le Soleil , la Lune, la Terre…

         Laissons maintenant conclure un personnage d’un roman de Luis Ansa, le Père Sebastian : « Disons que la prière n’est pas la propriété exclusive de l’homme religieux. Elle appartient au royaume de l’art, d’un art inconnu dans le monde des croyants. Son approche délicate et sensible, demande une attitude créative amoureuse ».

 

Par Jean-Charles
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Dimanche 1 mars 2009 7 01 /03 /Mars /2009 08:49

La réponse à cette question pourrait être, comme le dit une expression populaire : Si on vous le demande, vous direz que vous ne le savez pas...

Enfin peut-être vous, le savez-vous.

Moi je préfère partir en me disant que je n’en sais rien.

…Et d’un conte, que je vous propose ici, un même conte décliné ici par deux Traditions : la Tradition soufie avec le personnage de Mimouna, et la Tradition chrétienne avec celui de Saint Nicolas (entendu que les Traditions évoquées dans ce blog seront celles ayant comme principe d’évoluer constamment).


Elle s’appelait Mimouna…


Faouzi Skali évoque ce conte soufi : « On rapporte qu’une vieille femme faisait sa prière, et elle la faisait à sa manière, ne connaissant pas grand-chose des rituels parce qu’elle n’était pas informée, instruite de ce point de vue là.

Un Saint, passant par là, s’aperçut de l’ignorance extérieure de cette femme, et entreprit de l’instruire. Il lui montra donc comment on devait prier selon les rituels habituels. Elle était très heureuse car c’était une femme humble, qui avait envie d’apprendre.


Puis, comme c’était un Saint, il mit son tapis sur l’océan, sur l’eau, monta dessus et partit.

Cette femme essaya d’appliquer consciencieusement tout ce qu’on lui avait dit mais, à un certain moment, elle oublia un mot. Alors, alarmée, elle se mit à courir et pieds nus, elle courut sur l’eau de même, elle le rattrapa et lui demanda « Et qu’est-ce qu’on dit après telle formule ? »

Alors le Saint, se rappelant qu’il lui avait fallu bien des années avant d’arriver à courir comme ça sur un tapis, voyant cette femme arriver comme cela pieds nus auprès de lui, se tourna vers elle et lui dit « Mais que disais-tu donc avant que je t’apprenne ce que je t’ai appris ? »

Elle s’appelait Mimouna, et elle lui dit simplement : « Je disais : Mimouna connaît Dieu, et Dieu connaît Mimouna ».

Alors il lui dit : « Ecoute, repars, et continue de prier comme tu le faisais auparavant ! »


P.S. Les soufis, d’ailleurs, lorsqu’ils veulent parler d’un ressenti, d’un vécu à propos de la prière, rapportent souvent cette phrase : « Mimouna connaît Dieu, et Dieu connaît Mimouna ».

Source : Faouzi Skali, Conférence enregistrée à la Sorbonne le 13/10/93, un film de Philippe Derckel, éd. Ardalis 1994


Au temps où saint Nicolas courait le vaste monde…

Henri Gougaud, lui, raconte qu’au temps où saint Nicolas courait le vaste monde, son chemin le conduisit un jour au bord d’un fleuve aux vagues éblouies par le soleil de midi. Là était un passeur qui sonnait de la trompe à la proue de sa barque. Tandis que Nicolas se hâtait vers le ponton de planches, il aperçut à l’écart de l’embarcadère un pauvre diable en guenilles agenouillé devant une hutte de branches. Le visage de cet homme et ses mains offertes à la brise émurent son cœur simple. Il le désigna aux gens qui l’entouraient, demanda si quelqu’un le connaissait. On lui répondit : “C’est un sage infini, ses prières font des miracles.”

Nicolas avait soif d’apprendre, et d’aimer plus encore. Il s’approcha du bonhomme qui semblait converser aimablement avec la lumière du jour. Il perçut bientôt les paroles de sa prière. Il s’arrêta grandement étonné. “Hélas, se dit-il, ce miséreux que l’on prend pour un saint n’est en vérité qu’un fou de plus sur cette terre !”

Il s’accroupit à son côté. L’autre ne parut même pas s’apercevoir de sa présence. Sans cesse il répétait, la figure contente comme s’il voyait Dieu devant lui dans l’air bleu :

- Seigneur, ne m’aide pas ! Ne m’aide pas, Seigneur !

- Que fais-tu donc, l’ami ? demanda Nicolas.

- Je prie Dieu, lui répondit l’autre dans un grand sourire édenté.

- Pauvre homme, murmura Nicolas, ce n’est pas ainsi que l’on prie : “Seigneur, assiste-moi, donne-moi aujourd’hui le pain qu’il faut pour vivre”, voilà les termes justes.” L’homme le regarda surpris, reconnaissant. “Je sais si peu, ami ! Oh, merci de m’instruire. “Seigneur, assiste-moi”, c’est là ce qu’il faut dire ? Sois béni, je ne l’oublierai pas.”

Ils s’embrassèrent, contents l’un de l’autre, puis Nicolas courut à la barque où le passeur déjà levait la passerelle. Vers le milieu du fleuve, le voyageur se retourna pour un dernier regard à son frère d’un instant. Il le vit qui gesticulait sur la berge et criait des paroles trop lointaines pour qu’il pût les comprendre. Il fit un geste d’impuissance, et aussitôt resta bouche bée. Il se frotta les yeux, les rouvrit. L’homme en guenilles s’avançait sur l’eau claire, trottant comme sur un chemin terrestre. Son pied effleurait à peine la crête des vagues. Il eut tôt fait de rattraper le bateau.

“Hé, l’ami, cria-t-il, comment m’as-tu dis qu’il fallait prier Notre Père ? Je ne m’en souviens plus, pauvre sot que je suis !”

“Mon Dieu, pensa Nicolas, tremblant comme la voile au vent, un homme capable de cheminer ainsi sur l’eau sans se mouiller un poil est assurément plus proche de Toi que je ne le serai jamais.” Il répondit :

“Ne change rien, mon frère ! “Seigneur, ne m’aide pas”, c’est la prière juste ! La paix sur toi !”

L’autre lui fit un signe d’amitié, s’assit parmi les brins de soleil qui illuminaient le fleuve et s’en revint ramant de ses deux mains ouvertes vers la rive tranquille en chantant sa prière au ciel, à pleine voix.


Site : www.henrigougaud.com , ou http://www.nouvellescles.com/ , rubrique Henri Gougaud

 

Par Jean-Charles
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Dimanche 22 février 2009 7 22 /02 /Fév /2009 18:23

 

      

 

Pourquoi le thème de la prière ?

         D’abord par goût de ce qui interroge, de ce qui m’étonne… Le côté expérience humaine immémoriale (remontant bien loin à ce qu’il semble dans l’histoire de l’humanité), de même que le côté « gratuit » de la prière (qui sait vraiment ce qu’elle devient dans l’économie du monde ?...) sont choses qui me fascinent.

         Attirance pour la prière conçue comme un art…comme la musique, la danse, la peinture, la poésie… et la beauté en général qui touchent au coeur. Pour la créativité dont elle peut être une porte. Attirance pour l’invisible en tout cas, qui a sa place dans les diverses formes d’art et d’artisanat. Tout en évitant sur ces sujets de se prendre au sérieux et d’en faire quelque chose de « grave », de solennel : le divin ne pourrait-il pas être ludique ?

         Bien sûr, évoquer la prière, cela renvoie à quelque chose de l’être humain qui échappe à notre rationnel (indispensable lui aussi pour éviter superstitions, dogmatismes, …) ; et cela renvoie à une partie de nous même qui ouvre sur le mystère qu’est la vie ; cette vie qui met en questions, pose des énigmes et… débouche souvent sur le mystère. Les Indiens d’Amérique emploient pour désigner la divinité les termes de Grand Mystère, ou de Grand Esprit.

         Et le terme d’école, cela renvoie pour moi au terme d’apprendre, et à la connaissance. En fait à ce niveau il n’y a peut-être rien à apprendre, juste à se remémorer des choses que nous savons déjà. Apprendre à apprendre serait un terme ici plus juste.

        J’en ai aussi parlé à des amies qui m’ont dit avoir une recherche par rapport à cela dans la relation avec leurs enfants.

         La prière est une expérience intime, des plus personnelles ; les façons de prier sont peut-être aussi nombreuses que les gens qui prient : Respect et tolérance sont donc de mise au niveau du social ; cela renvoie ainsi pour moi à une laïcité où toutes les options, au niveau d’individus ou de collectifs, apprennent à se transcender pour que puisse apparaître ce qui est commun et utile à tous les êtres humains.

         La vie elle-même peut apparaître comme une école. Le futur qui s’ouvre devant nous sur cette planète est souvent décrit bien sombre : la prière, reconfigurée tout en restant en lien avec les grandes traditions tout autant qu’avec la science moderne, ne serait-elle pas un des outils essentiels pour qu’une vie digne de ce nom se perpétue sur cette Terre pour nous-mêmes, nos enfants et les générations futures ? Prière en lien avec ce qui vit en chacun : l’enfant, avec sa curiosité, son goût pour le jeu, l’adolescent avec ses aspirations, l’adulte avec son sens des responsabilités…

         Des textes, expériences, histoires et contes, images, références, points de vue, commentaires, etc, tout cela sur le thème école et prière, voici ce à quoi appelle ce blog.

A envoyer sur le blog, rubrique "ajouter un commentaire"

 

 

Par Jean-Charles
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