Partager l'article ! Bruges par Liliane Tuetey, âme béguine, et Marguerite Porète: D’abord ce poème contemporain : Bruges ...
D’abord ce poème contemporain :
Bruges
Les canaux de Bruges
Tissent à ciel ouvert
La dentelle du refuge.
Est-elle de pierre, d’eau,
Ou d’intime prière ?
L’œuvre, sans fil ni trame,
File l’âme béguine.
Les canaux de Bruges
Tissent en vœux secrets
La dentelle du refuge.
Liliane Tuetey , « Sotto Voce »
A propos de l "âme béguine" dont parle ce poème, voici un extrait de l’article de Wikipédia les évoquant, ainsi qu’un poème-prière de Marguerite Porète :
« Au Moyen-Age, les « béguines » était un courant spirituel et politique de femmes qui se vouaient à Dieu, sans prononcer de vœux perpétuels ainsi que cela se fait dans un monastère. C'est ainsi que, au 13ème siècle, et principalement dans le nord de l’Europe (Belgique, Pays-Bas, Rhénanie), on voit se former des communautés de femmes célibataires ou veuves dites « Béguines »… On a fait dériver ce nom du vieil allemand beggen signifiant : « demander », « prier ».
Comme beaucoup d'autres mouvements de l'époque (cathares, vaudois, mais aussi franciscains, Libre-Esprit et autres), les béguines prônaient un idéal de pauvreté évangélique.
Soupçonnées d’hérésie, les béguines furent parfois persécutées, commeMarguerite Porète, brûlée vive en 1310. Son ouvrage « Le Miroir des simples âmes anéanties », fut également victime d’un "autodafé" (destruction publique de livres ou de manuscrits par le feu). »
Un texte d’elle :
Penser ne vaut ici plus rien
« L’âme…
Penser ne vaut ici plus rien,
Ni œuvrer, ni parler.
Amour m’a fait, en sa noblesse
Trouver les vers de ma chanson.
Elle chante la pure divinité
Dont Raison ne saurait parler. »
Marguerite Porète, 1250-1310, « Miroir des âmes simples et anéanties », Albin Michel éd.